samedi 23 octobre 2010

L'Alberge de Peregrinos


Le chemin de Saint-Jacques est une super opportunité de rencontrer des gens de tous milieux, de tous âges, aux motivations religieuses, spirituelles ou autres toujours très différentes.

Ainsi, l'Alberge et ses débats sont un fordimable lieu de brassage de toutes les particularités, lors de discussions en tous sens.




Imaginez: on y rencontrera, presque à coup sûr, les pélerins suivants:

- le fervent défenseur des traditions, mu par l'unique désir de poser les lèvres sur les reliques du saint apôtre et qui, seul, parcourerait le "chemin authentique" connu des véritables pélerins depuis un millénaire;

- le sportif démesuré, qui, bien malheureusement, terminera trop souvent sa course traîné par ses pairs (avec 10 ampoules par pied, 2 tendinites aux mollets et les malléoles tellement enflées qu'elles ne permettent plus la pénétration du pied dans la bottine);

- le guindailleur terrible: tout aussi démesuré mais dans un autre genre, toujours 1er à l'auberge, toujours dernier couché (et dernier levé) et dont 3 ou 4 tickets de bus tombent de la poche à chaque fois qu'il prend son bourse pour payer son verre;

- de temps à autre, aussi, l'un ou l'autre cycliste un peu exotique...

(nous n'avons cependant pas rencontré de pélerins à cheval, bien que le chemin puisse, paraît-il, être parcouru de la sorte en toute officialité).

Mais, dormir à l'Alberge, comporte aussi parfois quelques petits désagréments :

Ainsi, certains ayant donné le meilleur d'eux-mêmes, parfois sous un soleil de plomb, le pélerin du lendemain ne peut parfois que très difficilement douter de la présence de celui de la veille;

De même, il est souvent peu agréable d'être réveillé à 5 heures du matin,

pour se rendre compte que c'est aujourd'hui que Luc s'élance pour l'étape de 53 km avec laquelle il vous casse les oreilles depuis 3 jours,

et, la même nuit, à peine 1 heure plus tard, alors que votre énervement vous quitte à peine et que vous vous rendormez, être réveillé à nouveau par Henri, qui croit utile de préciser à Simone, un peu sourde, toutes lumières allumées, "qu'elle ne doit pas s'inquiéter si en se réveillant, elle ne le voit pas dans son lit, parce qu'il sera dans la pièce d'à côté, en train d'écrire les cartes postales achetées la veille..."

Cependant, il faut bien avouer que nous prenons plaisir à rappliquer tous les soirs: ces quelques désagréments étant plus que largements compensés par tout le reste et par les joies de la vie en communauté...



Pour l'heure, nous sommes à Saint-Jacques de Compostelle, depuis le 21, et prendrons probablemenent demain la route vers le Portugal.

vendredi 22 octobre 2010

Pélerins et fiers de l'être

Alors que nous cherchions à nous abriter pour la nuit un jour de pluie et de vent, près de Laredo, quelques conseils pris à gauche et à droite nous ont amenés à frapper à la porte de "l'Alberge de los Monjas" de la calle San Francisco.

Les rudiments d'espagnol bredouillés dans le haut-parleur de l'entrée n'ont pas conduit directement à l'ouverture de la porte.

Finalement, après avoir répondu "si" à la question "Peregrinos?", la porte s'est ouverte sur une petite soeur, qui nous a invités à la suivre à travers un vieux cloître.

Même si, ce soir-là, nous avons dû payer le "plein tarif", pour n'avoir pu sortir le credencial de pélerins qui nous était demandé, cette nuit au chaud, sous un vrai toit, avait réveillé en nous un vieux goût de luxe et une envie de nouveauté dans l'aventure, qui nous ont conduit, le surlendemain, à obtenir notre visa de pélerins.

Notre espagnol n'ayant que fort peu progressé en l'espace de 2 jours, la lassitude devait submerger bientôt le vieux prêtre qui nous interrogeait sur nos motivations profondes (pourtant bien rélles), lequel nous a délivré assez rapidemment le précieux sésame.


vendredi 8 octobre 2010

"Donner"

Un coup d'oeil jeté au matin par le fonds de la tente et nous apercevons, en contrebas, un joli petit port, soupçonné la veille lors de notre arrivée au camping la nuit tombée.
C'est une invitation à mettre le pied dehors, ce qui ne tarde pas.
Nous entendons alors les premières paroles que nous adresse notre unique voisin: "Tea or Coffee ? ".
Tom est en route pour Fatima (Portugal). La Vierge y serait apparue et c'est aujourd'huy un lieu de pélerinage catholique. Tom nous precise d'emblee qu'il ne l'est pas mais que c'est pour lui une occasion de voir des gens et de transmettre une énergie positive.
En pratique: il expose des toiles peintes par un ami, transportées dans son mobil-home (elles ne sont pas à vendre) et joue à proximite de la musique, au moyen d'un gong gigantesque qu'il utilise depuis 30 ans pour soigner des enfants malades.
Pour l'heure, nous sommes à Bilbao.

Le Pays Basque

... n'est pas assez connu pour ses reliefs: 50 km au compteur correspondant trop souvent à 15 km à vol d'oiseau...




Mais ça, nous ne le savions pas encore, alors que nous reenfourchions nos becanes à Bayonne, en direction du Grand Bleu.

Comme l'ocean apparaissait soudain, et que nous interrogions une passante sur la possibilite de suivre à velo le "sentier du littoral", celle-ci s'avera être Marie.

Elle nous proposa bien vite un cafe, que nous avons pris en compagnie d'Alain.

Nous ne nous sommes finalement quittes qu'en fin d'apres-midi. Tout grand bonjour à eux !

Petit topo du chemin suivi...

Les Saintes-Maries de la mer,


Aigues-Mortes,


Marseillan, pour une pause ensoleillee de quelques jours



Nous pensions remonter le canal du midi, puis le canal lateral de la garonne jusquBordeaux.

Finalement, pour avoir le temps de profiter de l'Espagne et du Portugal, nous avons pris le train de Agde à Bayonne.

De , nous pensons pour l'instant suivre le littoral atlantique espagnol.